Transat Classique LAGASSÉ - La plus élégante des transats Départ le 17 août 2008

STIREN

Architecte : Stephens
Année : 1959
Type : Yawl
L : 14,85 m
Chantier : Pichavant
Matériaux: bois



 © Transat Classique

 
    

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En 1959, le yawl « Anitra » remporte la course du Fastnet. « Anitra » a été dessiné la même année par Olin Stephens pour un plaisancier scandinave amoureux de courses au large (plan n° 1358).

 

« Anitra » étonne par sa largeur et son franc-bord élevé, inhabituel chez Olin Stephens. Très vite, les qualités d'« Anitra » dans la brise lui permettent de glaner quelques succès estimables en course. Ces succès viennent aux oreilles de Maître Berthelin, notaire à Vannes, et beau-frère d'André Viant, autre grande figure de la course aux large française dans les années 60/70.

 

Maître Berthelin, séduit par les lignes du plan d'Olin Stephens, lui commande un sistership qui sera construit au chantier Pichavant de Pont-l'Abbé sous la direction de l'illustre Noël Le Berre, charpentier de marine.

 

Rien n'est trop beau pour Stiren et la coopération entre l'architecte naval américain et le chantier bigouden est totale. Olin Stephens sera d'ailleurs impressionné par la qualité du travail du Chantier Pichavant qui livre Stiren à son armateur en 1963. Stiren va être basé dans le Golfe du Morbihan et son programme est éclectique. Maître Berthelin organise des croisières familiales et s'inscrit à toutes les classiques de la course au large, Fastnet, Cowes-Dinard, Semaine de la Rochelle, etc.

 

En 1965, Stiren est membre de l'équipe de France de l'Admiral's Cup, aux côtés de Pen Duick 2 et Varna. Le temps médium ne favorise pas ce déplacement lourd et l'équipe de France n'obtient pas de résultats satisfaisants.

 

Stiren continue à courir plusieurs années embarquant avec lui de nombreux équipiers issus des pépinières de la Trinité, la Baule ou Bénodet. Le bateau accompagne la course en solitaire de l'Aurore en tant que bateau jury et, dans le milieu des années 1970, Maître Berthelin délaisse la course au large pour se consacrer aux promenades estivales en famille.

 

Le navire est vendu en 1982 à Jean Leroux, industriel nantais. Jean Leroux est un amoureux de la mer, à tel point qu'il entreprend, au milieu des années 1980, de développer au sein de son entreprise, un pôle de construction navale qui deviendra le deuxième chantier français. C'est ainsi que le chantier Leroux & Lotz Naval construira les premiers navires à grande vitesse qui assurent toujours la desserte de la Corse.

 

 Jean Leroux partage ses vacances entre son bateau et sa propriété d'Arradon, de laquelle il peut apercevoir Stiren, tirant doucement sur son mouillage.

 

 

Le bateau est modifié dans les années 1980 par l'adjonction d'un dog-house pour le moins disgracieux mais qui permet à Jean Leroux d'accomplir de grandes croisières en Europe, à l'abri des intempéries.
Jean Leroux décède à la fin des années 1990 et son navire reste la propriété de sa veuve, Hélène Leroux. Celle-ci est très attachée au bateau et passe une partie de ses vacances à bord, naviguant en Bretagne Sud.

 

Hélène Leroux se sépare, à regret, de son bateau en novembre 2004, date à laquelle Stiren est racheté par Gildas Rostain qui, plus tard, rétrocédera une partie de la propriété du navire à Xavier Leclercq. Gildas et Xavier se connaissent bien et ont souvent partagé leur navigation et courses, tantôt à bord d'Helisara, Tina propriété de Gildas ou de Brambers, Cotre Nicholson, propriété de Xavier.

 

La coque du bateau est apparemment en bon état mais il convient de rendre à Stiren sa beauté d'antan en supprimant les adjonctions inesthétiques qui viennent enlaidir le plan de pont.

 

Le bateau est convoyé vers Benodet en décembre 2004. La restauration de Stiren est confiée aux chantiers Hubert Stagnol qui travaillent sous la supervision de Marcel Stagnol, architecte naval. D'entrée, le dog-house est attaqué à la tronçonneuse et, très vite, il apparaît que seule la coque peut être conservée. Les aménagements intérieurs sont donc entièrement démontés et le chantier Stagnol s'attèle à la reconstruction du navire à partir de l'été 2005.

 

C'est ainsi que : 

-         le barrottage du pont est entièrement refait,

-         un pont en teck est collé sur un CP,

-         le roof est refait (très légèrement surbaissé par rapport aux plans d'origine),

-         les aménagements intérieurs sont entièrement reconstruits dans l'esprit des dessins d'Olin Stephens qui voulait des intérieurs clairs, aérés, où le vernis se marie avec la laque blanche.

 

Les charpentiers de marine  ouvrent magnifiquement sous la direction  d'Hubert Stagnol et de Jean-Jacques Melou et Stiren est mis à l'eau le 13 juin 2006.

 

Gildas, qui avait rencontré quelques anciens équipiers de Stiren avait noté que, tous, blâmaient sa mollesse dans les petits airs. Il est donc décidé de rajouter des watts et de rallonger le grand mât et le tape-cul.

 

Un nouveau plan de voilure est donc dessiné par Eric Cochet, Iroise Gréement, les voiles étant coupées, parfaitement, par la voilerie Incidence Brest, sous la direction de Stéphane Nevé.

 

Iroise Gréement fournit également tout l'accastillage Harken qui vient faciliter les manouvres, le programme du bateau consistant non seulement en courses au large mais aussi en croisières familiales à équipage réduit.

 

Enfin, la remotorisation du navire, la réfection du circuit électrique, et les travaux de plomberie sont assurés par Océan Diffusion Quimper, qui installe à bord, outre tout le confort (eau chaude sous pression, douches, etc.) un magnifique Yanmar 100 CVS.

 

Les premiers essais à la mer montrent que Stiren, fidèle à la tradition des dessins de Stephens est gitard, mais a énormément gagné en évolutivité dans le petit temps. Dans la brise au portant, Stiren reste un plan admirable qui sait allonger la foulée et maintenir des moyennes respectables pour un bateau de son âge.

 

Stiren est inscrit en juillet 2006 au Centenaire de Cowes-Dinard dans la catégorie yacht classique et arrive premier en temps réel, dans sa catégorie, à Dinard.

Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien ils l'ont construit avec leurs rêves. Bernard Moitessier
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